Asmaâ Tazi : « La loyauté et l’expertise vont en tandem »

NOS MÉTIERS

Pour vous donner un bref aperçu, le recrutement des cadres a représenté 60% du personnel embauché en 2007. Sachant que nous disposons de l’un des meilleurs taux d’encadrement du secteur BTP, à savoir 23% . Nos besoins s’expriment essentiellement au niveau des formations techniques et managériales, naturellement liés à la réalisation de travaux. Nous sommes donc à la recherche d’ingénieurs travaux, de métreurs, projeteurs, de conducteurs de travaux qui pour certains deviendront des chefs de chantier par la suite. A la SGTM, la loyauté et l’expertise vont en tandem; en d’autres termes, ce qui nous intéresse, c’est la compétence technique et l’éthique professionnelle, gages d’une relation de confiance durable entre la SGTM et ses salariés. En témoigne d’ailleurs l’ancienneté de nos cadres qui dépasse 6 années contre une moyenne du secteur BTP qui est de 3 ans.

LES PROFILS

Aujourd’hui, l’évolution des profils des jeunes diplômés fait ressortir trois nouvelles exigences (hormis le salaire et le poste). D’abord, la notoriété de l’entreprise qu’ils souhaitent intégrer. Nos candidats sont généralement impressionnés par les ouvrages de renom réalisés par la SGTM : Twin Center, Technopark, Tour des Habbous, Barrage Oued Rmel, Barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, Aéroport Mohammed V, Stade de Marrakech… D’ailleurs notre Président, M. Kabbaj, ne manque pas de rappeler «que nous avons notre empreinte sur tous les grands projets BTP du Maroc». Ensuite, il y a le projet de l’entreprise elle-même. Les candidats souhaitent être impliqués et informés des projets de développement de leur future structure d’accueil. La SGTM, de par sa position de leader national, ambitionne de concurrencer les leaders internationaux des travaux publics, aussi bien sur le territoire national qu’à l’international. La construction de l’aéroport El Aïn aux Emirats Arabes Unis en est la meilleure illustration.
Enfin, il y a la politique menée en matière de ressources humaines : les candidats exigent une visibilité sur le plan de carrière. «On parle de moins en moins de poste mais de projet professionnel». A cet effet, la SGTM mène une politique volontariste et ambitieuse de formation et de développement des compétences de tous ses collaborateurs. Cadre ou non cadre, chacun a la possibilité de réaliser un parcours professionnel de qualité et motivant avec un plan de carrière personnalisé. Ces nouvelles exigences sont la conséquence d’une situation de demande accrue de profil pointu par rapport à l’offre : le développement soutenu du secteur BTP ces dernières années, conjugué à l’entrée de nouveaux opérateurs dans le secteur du BTP et à l’intérêt porté par d’autres secteurs au profil d’ingénieur. En effet, les ingénieurs sont très sollicités par les banques et les métiers de la finance, même lorsqu’ils sont ingénieurs en génie civil.
De plus, les filiales de multinationales étrangères font dans la surenchère des salaires. Elles payent l’expertise locale au prix fort pour éviter d’avoir recours aux expatriés dont les salaires sont mirobolants. Cependant, il faut garder à l’esprit que la plupart de ces postes sont des missions ponctuelles de un à trois ans, et qu’elles n’offrent pas de réel plan de carrière.

LES ÉCOLES

Aujourd’hui, nous constatons que 80 % de nos ingénieurs d’état sont lauréats de l’EMI ou de l’EHTP. 10 % de nos cadres sont diplômés de l’étranger, ou plus exactement ont bénéficié de formations supérieures à l’étranger, notamment en France et en Allemagne. Mais seul le groupe 1 des grandes écoles françaises (Les Mines, Polytechnique, ESTP…) fait l’objet de politiques de recrutement spéciales. Plus de 65 % de nos techniciens conducteurs travaux sont diplômés des ISTA / OFPPT.

RÉMUNÉRATION

Pour commencer, voici quelques chiffres qui donnent une idée sur l’évolution de la rémunération moyenne des ingénieurs d’Etat observé sur le marché : en 2005, un ingénieur d’état débutant commençait à 7.000 DH, en 2007 à 10.000 DH et en 2008 à 12.000 DH. En revanche, la rémunération moyenne des ingénieurs d’application est à 7.000 DH et celle des techniciens à 4000 DH. Notre politique en la matière est de proposer des rémunérations supérieures à la moyenne du marché. A la SGTM, nous proposons un package plus qu’un salaire. Ce qui nous permet d’une part d’être attractifs et d’autre part, d’avoir le choix pour recruter les meilleurs lauréats de chaque discipline. En effet, en plus des salaires, « nous sommes parmi une minorité d’entreprises opérant dans le secteur BTP qui déclarent l’ensemble de ses salariés à la CNSS et qui offrent une couverture sociale globale (Mutuelle et CIMR)». D’une manière générale, il existe un différentiel de rémunération entre les lauréats de grandes écoles BTP étrangères et leurs homologues marocaines, de l’ordre de 15 % environ. D’abord parce que ces dernières procurent un degré d’autonomie plus important et une ouverture d’esprit. En effet, la plupart de ces écoles offrent dans leur cursus une année de césure qui leur permet d’acquérir une certaine expérience professionnelle. Ce sont des profils que nous recrutons beaucoup, car ils ont non seulement un diplôme mais aussi un vécu terrain.

LES CANAUX DE RECRUTEMENT

« Nous avons essentiellement recours aux candidatures spontanées ». Les jeunes diplômés postent leurs candidatures sur notre site web ou bien les déposent directement aux niveaux de nos relais RH chantiers. D’ailleurs, nos meilleurs relais dans les ressources humaines sont les chefs de chantier, car ils peuvent mobiliser des équipes en des temps record. Même s’il s’agit là d’un autre type de poste et de profil recruté.
Ensuite, nous sponsorisons les forums des grandes écoles marocaines, comme ceux de l’EMI ou l’EHTP… pour faire connaître nos nouveaux projets et attirer les candidats à fort potentiel. Enfin, pour des métiers de techniciens, comme les conducteurs d’engins, les grutiers, les ferrailleurs, il n’y a malheureusement pas d’école de formation dédiée. Il y a bien un projet d’école initié par l’OFPPT et la FNBTP sur Settat, mais cette école n’ouvrira ces portes qu’en 2012. Or le marché est très agressif sur le segment de la main d’œuvre qualifiée, donc nous avons décidé de créer une « Académie SGTM », qui est un projet structurant et certifiant. Actuellement, des experts internationaux sont en train de former nos futurs «formateurs internes», pour pouvoir effectivement démarrer l’Académie dès 2009. Par ce biais, nous entendons capitaliser sur l’expertise métier de certaines filières que nous développons sur nos chantiers. La SGTM, en sa qualité d’entreprise citoyenne, se sent responsable d’un avenir prometteur pour chaque maillon qui contribue à sa chaîne de création de richesse.

YOUSSEF KRIEM : INGÉNIEUR PLANIFICATIONS & MÉTHODES, SGTM

Si j’ai intégré la SGTM, c’est d’abord pour être sur le terrain et rester dans ma formation initiale, le génie civil. Mais ce qui a aussi beaucoup pesé dans ma décision c’est le projet du pont Moulay El Hassan à Rabat. Enfin, il y a eu aussi la volonté de travailler dans la ville dont je suis originaire». Voilà en somme ce qui a motivé Youssef Kriem à intégrer la SGTM en février 2008. Mais il faut tout de même souligner que le profil de ce jeune diplômé est assez particulier. Issu de l’EHTP, Youssef Kriem est également titulaire d’un MBA Ponts & Chaussées (obtenu à l’EHTP en même temps que son diplôme d’ingénieur). Et ce n’est pas tout. Ce profil hors norme disposait dès l’obtention de son diplôme d’une expérience professionnelle de plus d’un an et demi. « Durant mon cursus, j’ai pu faire un stage d’un an, une sorte d’année de césure, dans un cabinet de conseil en stratégie qui a des bureaux à Paris, au Canada et à Casablanca. J’ai d’ailleurs continué quelques mois après l’obtention de mon diplôme. Seulement, j’ai eu la nostalgie du génie civil, la frustration du manque de concret », raconte-t-il. Il abandonne alors le label international et postule à la SGTM. « Je suis tout simplement allé voir le chantier du pont Moulay El Hassan, et j’ai vu qu’il avait été attribué à la SGTM », poursuit Youssef Kriem. Naturellement le profil plaît. Mais Kriem devra faire des concessions, notamment en termes de salaires, même s’il reste bien au-dessus de la moyenne des jeunes diplômés. « Il est sûr que dans un cabinet de consulting d’envergure internationale, ma rémunération était beaucoup plus élevée que mon salaire actuel qui se situe entre 16.000 et 18.000 DH », finit-il par avouer.

 Soumayya DOUIEB
[Source : Challenge Hebdo]